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Le sport, clé de la longévité ?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire en regardant Pharrell Williams, il n’existe toujours pas de remède miracle contre la vieillesse. Pourtant, depuis des années, à coups de piqures et de scalpels aussi bien aiguisés que l’avidité de certains médecins, la course contre les rides est bien enclenchée. Au delà de la volonté de gommer les effets du temps, c’est un autre fantasme qui se cache derrière. Celui de l’immortalité. Cette réflexion existentielle ne cesse de soulever de nombreuses questions scientifiques et philosophiques. Depuis la Grèce de Platon jusqu’au mouvement transhumanisme qui prend aujourd’hui de plus en plus d’ampleur, l’immortalité a toujours été source d’interrogations et de sujets d’expériences plus ou moins morales. Même si l’espérance de vie ne cesse d’augmenter chaque année, le fantasme de l’immortalité fait toujours autant rêver. Mais en attendant de pouvoir cloner les gènes de Pharrell, certains se penchent sur le cas de ces centenaires qui ne ressentent pas les effets du temps.

Benjamin Button

Vous êtes à vélo, vous transpirez, vous êtes à deux doigts de la crise cardiaque, mais vous continuez à pédaler, quand soudain, un enfant de 10 ans vous dépasse avec un petit sourire en coin. Vous vous sentez mal, forcément… Maintenant, imaginez que ce que pensiez être un enfant de 10 ans est en fait un vieillard de 105 ans… À l’image de Robert Marchand qui s’élance à l’assaut du vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, les exemples de seniors défiant les lois de la nature se multiplient. Mais comment font ces Benjamin Button pour accomplir ces exploits? Plusieurs études ont tenté de répondre à cette question fascinante. A plusieurs reprises, il a été mis en avant que la pratique régulière d’un sport permettrait de prolonger l’espérance de vie. Une étude de l’Insep1 (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance) publiée en mars 2015 va même plus loin en démontrant que les sportifs de haut niveau vivent en moyenne 7 ans de plus que le reste de la population. Ce n’est donc pas étonnant qu’à partir de mars 2017, les patients français souffrant d’une maladie de longue durée pourront se voir prescrire des séances de sport adaptées à leurs pathologies. En 2015, ce n’était pas moins de 96%2 des français et 82% des médecins3 qui se prononçaient déjà en faveur de cette mesure. Porté par l’ancienne Ministre des Sports Valérie Fourneyron, celle-ci se félicite de cet amendement qui «permet ainsi à cette pratique qui a fait ses preuves sur le terrain de s’affirmer toujours plus comme une thérapeutique non-médicamenteuse efficace et reconnue pour améliorer la prise en charge des patients». Outre l’augmentation des endorphines (ou communément appelées hormones du plaisir), la réduction des risques cardio-vasculaires, la prévention de l’ostéoporose ou encore le baisse des risques d’hypertension artérielle, le sport ne cesse de démontrer ces bienfaits. Mais face à un processus aussi complexe que le vieillissement, le sport est-il le seul facteur à prendre en compte?

Vivre d’amour, de sport… et de vin!

Pour mieux comprendre ce phénomène, Dan Buettner, écrivain et explorateur du National Geographic est parti en 2008 à la rencontre de centenaires du monde entier. Avec l’aide du National Institut on Aging (Institut National du vieillissement), l’explorateur a réussi à déterminer quatre régions d’Europe, d’Amérique et d’Asie où l’espérance de vie était supérieure au reste de la population mondiale. Bien qu’éloignées géographiquement, ces régions baptisées «zones bleues1» auraient des points communs qui expliqueraient la longévité de ces super seniors. Qu’il s’agisse de la province de Nuoro en Sardaigne ou de l’archipel d’Okinawa, il semble que les clés de la longévité soient multiples. En observant ces centenaires, Dan Buettner et son équipe ont réussi à dégager des similarités. Neuf exactement. Et l’un d’elles est l’activité. Que ça soit à cheval, à pieds ou à vélo, toutes ces personnes n’ont jamais arrêté de pratiquer une activité physique tout au long de leur vie. Les autres points communs se trouveraient dans une alimentation riche en légumes, des repas légers, très peu de viande et un à deux verres de vin par jour. Mais le plus important serait l’environnement social. La plupart des centenaires interrogés feraient, malgré leur grand âge, toujours parti d’une organisation sociale, qu’il s’agisse de la famille ou d’amis.

Malgré la découverte de ces «zones bleues», et l’étonnante stabilité du visage de Pharrell Williams, il n’existe aujourd’hui aucune solution miraculeuse pour prolonger l’espérance de vie. Nous ne sommes biologiquement pas faits pour la longévité et encore moins pour l’immortalité. Mais le propre de l’homme est de sans cesse repousser ses limites et ces centaines de Benjamin Button en sont des exemples vivants. Entourés de leurs proches, la plupart d’entre eux continuent à marcher, à rire, à manger et à profiter de chaque instant. La clé de la longévité? Peut-être. La clé du bonheur? Certainement…

Si vous aussi, vous souffrez parfois de flemmingite aiguë